Système nerveux

La théorie polyvagale remise en question par la science

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Une équipe de 39 chercheurs remet en question plusieurs postulats de la théorie polyvagale de Porges. Ce qui change, ce qui ne change pas, et pourquoi les outils de régulation du système nerveux restent efficaces.

Ce qui change, et ce qui ne change pas, pour votre système nerveux.

Aloha.

Cette semaine, une petite bombe est tombée dans le monde des neurosciences, et elle touche directement à quelque chose qui fait partie de ma formation et de ma pratique depuis des années : la théorie polyvagale.

Trente-neuf chercheurs spécialistes du système nerveux autonome, menés par le professeur Paul Grossman de l’université de Bâle, viennent de publier dans la revue Clinical Neuropsychiatry une évaluation critique de la théorie que Stephen Porges a proposée dans les années 1990, celle qui explique nos réponses de stress par trois états du nerf vague : l’état d’immobilisation, l’état de mobilisation et l’état d’engagement social. Ils remettent en question plusieurs de ses fondements, notamment l’idée que le nerf vague dorsal provoquerait le figement par un ralentissement cardiaque extrême, et l’idée que le nerf vague ventral serait une spécificité propre aux mammifères dédiée à la régulation sociale.

Pour être précise sur ce qui a été étudié exactement, il ne s’agit pas d’une nouvelle expérience en laboratoire mais d’un travail de réévaluation critique. Ces chercheurs ont repris l’ensemble des données physiologiques et évolutives déjà publiées et les ont confrontées à cinq postulats centraux de la théorie polyvagale : le lien entre le nerf vague dorsal et l’état de figement par ralentissement cardiaque extrême, la spécificité du nerf vague ventral chez les mammifères pour la régulation sociale, la fiabilité de la variabilité cardiaque respiratoire comme mesure directe du tonus vagal, et deux autres postulats évolutifs et anatomiques sur lesquels repose le modèle des trois états du système nerveux autonome proposé par Porges. Après cette relecture minutieuse de la littérature existante, l’équipe conclut que plusieurs de ces postulats ne tiennent pas face aux données disponibles aujourd’hui.

Schéma des 3 états du système nerveux autonome selon la théorie polyvagale : ventral vagal (sécurité et connexion), sympathique (mobilisation), dorsal vagal (figement), organisés en hiérarchie

C’est précisément ce modèle en trois niveaux, et l’ordre dans lequel votre système nerveux les traverse, que l’équipe de Grossman réexamine : pas son existence, mais certains des mécanismes précis qui l’expliqueraient.

Autant vous dire que quand je suis tombée là-dessus, mon premier réflexe a été de me demander si tout ce que je vous enseigne depuis des années sur la régulation du système nerveux allait s’effondrer avec. Et puis j’ai pris le temps de lire les réponses des chercheurs qui défendent la théorie, dont une réponse déjà publiée dans la même revue, et surtout de remettre les choses à leur juste place.

Ce que ces chercheurs contestent, ce sont les mécanismes anatomiques précis, la façon dont les circuits nerveux fonctionneraient exactement dans votre corps. Ce qu’ils ne contestent pas, ce sont les effets bien réels de ce que la théorie polyvagale a mis en lumière : le fait que ralentir votre souffle et allonger votre expiration réduit votre activation physiologique, que le lien social apaise votre système nerveux, que vous sentir en sécurité change littéralement la façon dont votre corps répond au monde. Ces effets-là sont documentés indépendamment du débat sur les circuits neuronaux exacts.

C’est un peu comme la gravité selon Newton : on l’a utilisée avec précision pour envoyer des fusées dans l’espace bien avant qu’Einstein en propose une explication plus complète avec la relativité générale. La description du mécanisme peut être affinée par la recherche : l’expérience vécue dans votre corps quand vous respirez profondément après une journée difficile, elle, ne change pas.

Ce que je retiens de tout ça, et ce que je continuerai à vous transmettre, c’est que la science avance, se corrige, se dispute parfois, et c’est une bonne nouvelle parce que ça veut dire qu’elle est vivante. Les outils que je vous enseigne, la cohérence cardiaque, les respirations à expiration allongée, l’ancrage, le fait de vous sentir accompagnée plutôt que seule face à votre stress, continuent de fonctionner et continueront d’être au centre de ce que je vous offre, quelle que soit l’évolution du débat scientifique sur le nom exact du mécanisme qui les explique.

Si cette question vous intéresse ou si vous sentez que votre système nerveux a besoin d’un accompagnement concret plutôt que d’un débat théorique, vous savez où me trouver.


Pour en savoir plus sur mon accompagnement, rendez-vous sur www.presence-corps-esprit.com. Pour prendre rendez-vous directement, en ligne ou à Niort, réservez votre créneau sur www.cal.com/aureliedurand. Vous pouvez aussi m’écrire à hello@aureliedurand.org.

Aurélie

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